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Apres une seance piscine hot tub, c’ est travail de nouveau. Il y a beaucoup de travail d’ approche a faire avec la startup. Plein de trucs a apprendre, a comprendre, a organiser . . . Ce matin, je me suis levee tres tot. Et je n’ ai pas pris le temps de m’ habiller. Travailler dans ma robe de chambre est pour moi le comble du luxe. J’ adore cette alternance travail, et distractions pour pouvoir mieux se concentrer apres. Lire le New York Times, grignoter, un peu de yoga par ci par la, parcourir la blogosphere . . . j’ ai tout un registre. A quatre heures de l’ apres midi, je me decide enfin a emerger. Il faut faire les courses a Whole Foods. Les enfants sont la ce soir.

La lecture, dans Match, d’ un article sur la vie au quotidien d’ une restauratrice  parisienne, me plonge dans une vague de nostalgie pas possible. Je me retrouve transportee a Paris, et je m’ imagine un moment dans son appartement. Les murs blancs a moulures, le parquet qui craque, ce je ne sais quoi de bien parisien dans les bibelots, les meubles modestes mais de bon gout. Le bruit de la rue qui laisse entrevoir toute une vie, les livreurs, les passants entre deux rendez vous, les vieilles dames qui font leur courses. J’ ai envie d’ y etre. Tout d’ un coup, la belle vie d’ ici me semble etrangere, et presqu’ insupportable.

Mardi, deux heures de l’ après midi. Steve bavarde avec Sue notre autre voisine. Steve partage ses journees entre s’ occuper de son bebe et de sa petite fille, et demarrer sa startup. Je le vois souvent aller et venir sur le trottoir devant chez lui, en conversation avec ses associes. La rue est son bureau. Sue travaille a la maison avec son mari. Ils sont avocats, et defendent des cas de malfaisance medicale. De meme, Prad et moi passons la plupart de nos jours chez nous. Prad fait ses deals. Je travaille sur la startup avec Bruno. a distance. L’ ordinateur et Skype sont mes outils. Je repense a mes jours enfermee dans les bureaux de mon agence de pub dans la John Hancock Tower a Chicago, a me morfondre loin de l’ environnement naturel de ma famille. Et j’ apprecie l’ incroyable privilege de cette vie que je mene maintenant.

Cet apres midi, j’ ai eu le privilege de redecouvrir le monde a travers les yeux de Lashy. Tout l’ emerveille. Elle n’ etait jamais allee au musee, ni au restaurant. Au Cantor Museum, le Penseur de Rodin lui a fait une grosse impression. Les momies egyptiennes aussi. Et la sculpture en resine de l’ ouvrier plus vrai que nature de Duane Hanson. Au restaurant Peninsula Creamery ou Catherine officie en tant qu’ hotesse, Lashy commande un milk shake. J’ insiste pour une soupe ou une salade. Elle est abasourdie par le bruit et se demande s’ il y a toujours autant de monde. Le dispenseur de pailles la fascine, de meme que le plafond en faux rococo aussi. Sur le chemin de la maison, nous nous arretons a Whole Foods. J’ y apercois Steve Jobs dans le rayon des granolas en vrac. Personne ne semble faire attention a lui. Je pense a lui, et a Lashy, a ces deux etres si different par l’ age, et la fortune, que tant de choses separent. Plus tard, je depose Lashy chez elle. Les couloirs de son HLM sont remplis de detritus.

Offre tentante de Projjal, le proprietaire d’ Aicon, le numero deux mondial sur le marche de l’ art indien contemporain. Il revient au tapis pour que j’ accepte le job de directrice pour sa galerie de Palo Alto. J’ avais deja dis non a son frere Prajit, le mois dernier. Projjal est venu de New York pour interviewer d’ autres candidats. Lorsqu’ il a appele pour me rencontrer, j’ ai cru qu’ il voulait que je l’ aide dans sa recherche. Non, c’ est moi qu’ il veut. Il essaie de me seduire en me parlant de la prochaine retraite qu’ il a organise pour toute son equipe aux Hamptons, le coin chic sur la cote Est pour tous les New Yorkais. Il m’ invite au vernissage qui a lieu a la galerie le soir meme. J’ accepte. J’ ai entendu parler d’ Akhilesh, l’ artiste, et je veux le rencontrer. Prad vient avec moi. L’ exposition est magnifique, la lumiere danse sur les toiles d’ Akhilesh, et je suis contente de me replonger un moment dans le monde frivole de l’ art.

Interessante expedition chez Kohls, un genre de Prisunic ou je n’ avais jamais mis les pieds jusqu’ a hier. Je ne peux pas resister la promesse d’ articles de createurs a des prix grand public. Cela faisait deja plusieurs semaines que je guettais la sortie de la collection creee  specialement  par Vera Wang pour le magasin Kohls. J’ ai ete tres decue. Tissus de mauvaise qualite, des robes qui tombent mal, et le tout pas donne. C’ etait ma premiere visite chez Kohls, et ma derniere. Kohls a rate le coche. Ils ont beaucoup a apprendre de Target, ce magasin incroyable dont je ne peux plus me passer. Lecon marketing numero un: donnez a vos clients un bon produit. Lecon marketing numero deux: pensez bien au prix. Lecon numero trois: ne rater pas votre premiere chance. Des lecons a bien retenir pour notre startup.

Meeting avec Curtis hier, pour discuter du positioning pour la startup. Curtis vient de vendre sa derniere startup. Maintenant, il cogite sur sa nouvelle idee. Il n’ est pas encore pret a l’ expliquer. Je suis curieuse, mais il me faudra attendre. Curtis est tres genereux avec son temps, et ses conseils. Il nous a donne beaucoup de bonnes idees. Nous sommes dans la phase inconfortable et aussi tres stimulante ou l’ on va decider de la strategie marketing pour le produit. Le vrai challenge est d’ avoir une vision limpide et une comprehension du vrai besoin des utilisateurs. Pour l’ instant les eaux sont un peu troubles. Il faut laisser decanter.

A minuit, Prad etait encore entrain d’ emailer ses copains de Honolulu. Son nouveau deal d’ installation solaire a Honolulu est presque affaire faite. Il ne se contient plus. Prad adore vendre. Peu importe quoi. Pendant longtemps ce fut des chips d’ ordinateur. Maintenant il s’ est reconverti dans le solaire. Nous aimons nous donner des noms pour rire. Il est  le roi du solaire, et moi la reine du Web 2.0.

Ca y est, Prad vient finalement de remplir le questionaire ennuyeux pour l’ avocat. Prad a accepte gentiment d’ etre un autre ‘angel’ dans la startup de Bruno. Mais il a tendance a trainer pour tout ce qui est paperasserie. Maintenant il ne lui suffit plus que d’ envoyer les fonds. D’ habitude il prefere investir dans tout ce qui est biotech et clean tech. Cette fois ci, il a fait une exception, pour me faire plaisir.

Les americains celebrent Labor Day, la fete du travail, en travaillant. Tous les magasins sont ouverts, et les journaux sont plein d’ annonce de soldes. Je vais travailler aussi. Chez moi, comme d’ habitude. Il faut finir l’ Executive Summary, le document pour les discussions avec les investisseurs. Un moment, je reve de Burning Man – L’ Homme qui Brule, l’ evenement fou dans le Nevada, ou les gens vont pour une semaine chaque annee. Tout ou presque y est permis, et les artistes de tous poils s’ y donnent a coeur joie. Le journal du San Francisco Chronicle montre l’ image d’ un vieux hippie de 82 ans pres de son bus psychedelique. Sa fille lui a achete un billet pour l’ evenement comme cadeau de fete des peres. Le theme cette annee: “L’ Homme Vert”.